Stonehenge ou “haie de pierres”, est situé dans le sud de la Grande-Bretagne, dans la plaine de Salisbury, à l’ouest du village d’Amesbury. C’est à 130 km de Londres. Vous y trouverez d’impressionnants mégalithes, pesant plusieurs tonnes, que les ancêtres ont placés il y a des millénaires.

Il faut savoir qu’en dehors de Stonehenge, le plus grand et le plus complexe de toute l’Europe, il existe, rien qu’en Grande-Bretagne, au moins neuf cents autres cercles anciens en pierre, en bois ou en terre, dont certains se trouvent dans un rayon de vingt kilomètres seulement autour de Stonehenge. D’autres mégalithes se trouvent à Carnac, en Bretagne, et à Avebury (Angleterre).

Informations préliminaires

Les premières traces de Stonehenge dans la littérature sont dues à l’ecclésiastique Henry de Huntington en 1130 (dans son histoire de l’Angleterre, il parle de ce monument préhistorique et se demande comment les bâtisseurs ont pu transporter les pierres et pourquoi à cet endroit) et au chroniqueur Geoffrey de Monmouth cinq ans plus tard (il raconte que les pierres ont été transportées d’Afrique en Irlande par une tribu de géants, puis “volées” au-dessus de la mer jusqu’à Stonehenge par le magicien mythique Merlin).

On a toujours su que la région revêtait une importance particulière. Au départ, on pensait qu’il s’agissait d’un lieu de culte, principalement parce que les druides, les prêtres locaux, avaient l’habitude de se réunir à Stonehenge pour accomplir leurs cérémonies.

Le savant William Stukeley, au XVIIIe siècle, était d’avis que ce sont les druides eux-mêmes qui avaient construit l’imposant complexe pour pratiquer le culte du serpent.

Il n’était pas aberrant de penser qu’il pouvait servir à déterminer le moment des semailles et de la récolte des céréales, à tel point que la théorie s’est imposée selon laquelle il s’agissait d’un immense calendrier qui permettait aux anciens de garder la trace du temps écoulé.

En fait, vers la fin des années 1800, certains archéologues ont réalisé que ces pierres avaient été érigées dans une zone où le culte du Soleil était pratiqué.

En 1906, l’astronome et scientifique Norman Lockyer a publié un ouvrage dans lequel il affirmait, courageusement pour l’époque, que Stonehenge et d’autres mégalithes d’Angleterre et d’autres parties du monde étaient orientés dans la direction du Soleil et de certaines étoiles.

Dans les études commencées cinq ans auparavant, il avait déduit que, compte tenu de la différence de cinquante-deux minutes entre la position de la pierre appelée “pierre du talon” et celle du soleil, le lever de ce dernier le 21 juin 1840 avant J.-C. coïncidait parfaitement avec la pierre elle-même.

Les déterminations de Lockyer ont été rapidement confirmées par des fouilles archéologiques et, en particulier, par la datation au Carbone 14 d’un morceau de charbon de bois : 1850-1700 avant JC.

L’intuition de Lockyer était correcte et a été confirmée plus tard par d’autres chercheurs, comme Fred Hoyle qui, allant plus loin, a dit qu’il s’agissait d’un observatoire astronomique, en bref, un ordinateur en pierre avec lequel on pouvait observer le mouvement des étoiles et peut-être les éclipses.

En effet, il était possible de calculer l’heure en observant les changements du ciel grâce à un indicateur : le sommet d’une montagne, la clairière d’une vallée ou des pierres, appariées ou placées dans des positions différentes selon la succession des événements célestes. Certains de ces éléments sont également présents à Stonehenge.

Un astronome américain bien connu, le Dr Gerald S. Hawkins de l’université de Boston, a effectué en 1965 un travail minutieux de relevé des alignements du site par rapport à la carte du ciel à différents moments.

Après avoir entré toutes les données dans une calculatrice, il a déterminé que Stonehenge, en 1500 avant J.-C., était parfaitement aligné avec le Soleil et la Lune.

Les cinquante-six trous d’Aubrey pouvaient, selon lui, contenir des pôles déplacés successivement de plus en plus vers le centre, ce qui permettait de prédire les éclipses de lune pour une période d’environ trois cents ans. D’autre part, cinquante-six correspond aussi au nombre d’années de chaque cycle lunaire, déterminé par les positions extrêmes de la satellite.

La date donnée par le savant n’est pas totalement convaincante, car les poteaux ont été placés beaucoup plus tôt, ainsi que les pierres, toutes deux retirées à plusieurs reprises : à Stonehenge, ceci étant, on ne pouvait prédire qu’une éclipse par an.

En bref, celui de Hawkins était un observatoire astronomique (qu’il appelait un “ordinateur néolithique”) qui fonctionnait avec un hoquet et rien de plus, ignorant entre autres le mouvement des planètes et des autres étoiles.

Au-delà des critiques, au fond légitimes, on retient dans l’archéologue Richard Atkinson la personnalité de premier plan qui a mené les détracteurs de Hawkins.

L’opposition était due, notamment, à l’approche nouvelle et différente de ce type de recherche, qui est devenue au fil du temps la science communément appelée archéoastronomie. On pouvait s’accorder sur l’ancienneté du site archéologique mais on ne pouvait pas vraiment accepter que les anciens habitants de la Grande-Bretagne, agriculteurs ou bergers, aient inventé une instrumentation aussi sophistiquée pour l’époque, sans avoir eu un réel besoin, un retour immédiat.

Les ancêtres, après tout, n’auraient même pas pu avoir les connaissances nécessaires pour concevoir et construire quelque chose comme ça.

Autres informations essentielles

On sait aujourd’hui que le nombre de pierres et de trous est lié au cycle astronomique de la Lune, avec ses phases.

La direction des alignements entre les pierres est presque identique à autant de points de la voûte céleste qui correspondent, par exemple, au lever et au coucher du Soleil.

Le jour du solstice d’été, il est possible de voir l’étoile se lever presque au-dessus de la pierre appelée “Heel Stone”, un mégalithe de trente-cinq tonnes qui sort du sol sur une hauteur de quatre mètres et demi.

Il est certain que dans cette localité, comme on l’a mentionné, se déroulaient d’importantes cérémonies à caractère religieux, compte tenu de la caractéristique de la soi-disant “avenue cérémonielle” qui descend de la colline sur trois kilomètres de hauteur, décrit un arc tout autour et atteint le cœur du site archéologique.

Ici, à l’intérieur de la zone délimitée par le fossé et la digue, seuls les prêtres devaient avoir accès et, dans la mesure du possible, ils étaient cachés de la vue des fidèles par les digues et les mégalithes qui s’élevaient derrière elles.

Le jour du solstice d’été, il était possible d’admirer le lever du soleil sur l’avenue cérémoniale. On va maintenant analyser le site dans son ensemble, en décrivant les éléments qui doivent être considérés comme essentiels.

En partant de l’avenue dite cérémonielle, on se dirige de plus en plus vers le centre du complexe, où on rencontre, au-delà des fossés et des talus, les cinquante-six trous d’Aubrey, les pierres mégalithiques placées de manière à former deux cercles et deux fers à cheval, et enfin un autel cérémoniel.

Aujourd’hui, le complexe mégalithique apparaît complètement en ruines mais autrefois, comme le montrent les reconstructions informatiques, il se dressait dans toute sa gloire. L’Avenue, l’allée cérémonielle, descend de 530 mètres depuis une zone vallonnée pour atteindre la partie plate de Stonehenge, puis arrive au complexe monumental lui-même.

Il s’agit essentiellement de deux talus parallèles (bordés de fossés) qui donnent à l’avenue une largeur d’environ douze mètres. Le bâtiment qu’on rencontre a une forme circulaire avec une circonférence de 115 mètres de diamètre.

On y trouve, placée au milieu de l’allée, la pierre de sarsendite « pierre de talon », ainsi présente dans l’axe du bâtiment.

À partir de cette pierre, on se déplace à l’intérieur du site, entouré d’une digue circulaire, en fait un fossé et une berge intérieure. Dès qu’on entre, on remarque une pierre semblable à la pierre du talon, abandonnée sur le sol, tachée de rouge parce que la pluie a fait fondre le fer : elle a été appelée “pierre d’abattage”.

Le long de la partie intérieure du talus circulaire, on trouve les 56 trous équidistants de forme circulaire d’Aubrey, maintenant recouverts de disques de béton pour les rendre plus visibles. Ensemble, ils forment un cercle de 90 mètres de diamètre, à l’intérieur duquel, au bord du talus, se trouve un rectangle délimité aux quatre coins par de petites pierres verticales polies, les Pierres de la Station : aujourd’hui, seules deux d’entre elles sont encore debout.

Une série d’autres trous, de forme irrégulière, est creusée dans le sol entre les trous d’Aubrey et le premier cercle de mégalithes ; en ce moment, même s’ils sont à peine perceptibles, ils sont encore nommés avec les lettres Y et Z : ils forment deux autres cercles de 30 et 29 trous respectivement.

La partie centrale du complexe présente les pierres mégalithiques, toutes rigoureusement travaillées à la main, qui sont de deux types : sarsen et bluestone.

Celles en sarsen, soigneusement travaillées, de plus grandes dimensions que les autres, proviennent de la carrière de Marlborough Downs, à trente kilomètres de Stonehenge, où il est possible de trouver des pierres similaires.

On pense qu’ils ont été transportés par des traîneaux tirés par des bœufs, traversant même une voie d’eau située à environ trois kilomètres de Stonehenge, l’Avon.

Les autres, en revanche, de couleur gris-bleu, sont composés de sulfate de cuivre et proviennent des Preseli Hills, c’est-à-dire des montagnes du sud-ouest du Pays de Galles ; soit une distance de 400 kilomètres, dont 208 à vol d’oiseau !

Les mégalithes, qui dans la partie extérieure sont disposés sur deux cercles, dans la partie centrale forment plutôt deux fers à cheval.

Le premier cercle, de 31 mètres de diamètre, est composé de dix-sept pierres hautes et étroites, dont certaines sont surmontées d’autres pierres placées horizontalement, pour former une architrave.

Les blocs sont soigneusement façonnés et les blocs horizontaux, en plus d’être poncés, sont assemblés à l’aide de joints en bois qui s’emboîtent et sont verrouillés en place à l’aide de queues d’aronde.

Toutes les pierres ont un poids estimé à environ vingt-cinq tonnes, sauf une, qui en pèse quarante-cinq.

Le cercle le plus intérieur comptait à l’origine soixante pierres de taille, dont beaucoup sont aujourd’hui tombées ou ont été détruites.

Les deux fers à cheval

Enfin, il y a ce qui reste des pierres qui formaient les deux fers à cheval : le premier était composé de cinq “dolmens” ou trilithons (“trois pierres”, deux dans le sens vertical qui soutiennent la troisième, placée horizontalement).

Cette composition de pierres permet d’obtenir des effets optiques incroyables. On y trouve, entre autres, la plus grande pierre du site, de plus de neuf mètres de long, affleurant au sol sur environ sept mètres.

Chacun de ces blocs pèse environ cinquante tonnes ! La deuxième formation en fer à cheval, large de onze pieds, occupait le centre et était composée de dix-neuf pierres en pierre bleue.

Dans les deux formations en fer à cheval, l’axe ouvert est orienté vers le nord-est, dans la direction de l’avenue cérémoniale et de l’aube du soleil d’été.

Un mégalithe est la “pierre d’autel”, haute de près de cinq mètres, placée parfaitement au centre du complexe : c’est le dernier élément de Stonehenge.

Il s’avère qu’il a été mis en place en 2000 avant Jésus-Christ. Aujourd’hui, on la voit couchée sur le sol, mais à une certaine époque, elle a dû être érigée.

Il n’est pas exclu qu’il ait représenté, à tous égards, l’objet principal du culte, compte tenu de sa position particulière.

Que disent les archéologues ?

Aujourd’hui, les archéologues pensent que la première trace du travail de l’homme à Stonehenge pourrait remonter au huitième millénaire avant J.-C., lorsque quatre fosses mésolithiques ont été construites avec des poteaux en bois, à environ deux cents mètres du site actuel.

Plus tard, la digue et les fosses d’Aubrey ont été construites (à partir de 3100 av. J.-C.), un complexe de pieux à l’intérieur de la digue et à l’entrée (à partir de 2550 av. J.-C.) ; enfin, les mégalithes ont commencé à être placés à partir de 2100 av.

On pense, en tout cas, que les premières pierres, de petite taille, ont été placées vers 2800 avant Jésus-Christ.

Il faut cependant garder à l’esprit que tout ce qui se trouve sur ce site a été reconstruit plusieurs fois et que ce qu’on peut observer aujourd’hui est la configuration que ses bâtisseurs ont décidée en 1560 avant J.-C., peu avant d’abandonner définitivement le site.

Les anciens, semble-t-il, avaient l’intention d’utiliser uniquement de la pierre bleue pour construire ce que l’on pourrait appeler un temple.

Puis, pour des raisons qui restent inconnues, ils ont décidé de démolir ce qui avait été construit et ont placé des pierres de sarsen.

Curieusement, ils sont revenus plus tard au projet initial, en réalisant le deuxième cercle avec les pierres bleues, ainsi que le deuxième fer à cheval, celui qui entoure l’autel. Tout cela en 1800 avant Jésus-Christ.

Ainsi, au cours d’un millénaire, le site a été construit, détruit et reconstruit à nouveau, en utilisant à chaque fois des matériaux différents. Il est évident que le lieu, avant d’être complètement abandonné, a intéressé plus d’une personne et que, par conséquent, chacune d’entre elles a créé quelque chose de différent, sans toutefois trop s’éloigner du projet original, qui semble à ce stade se perdre dans la nuit des temps.